Cet été, le National Health Service (NHS) qui est l’équivalent de la Sécurité Sociale française a décidé de cesser le remboursement de l’homéopathie. Cette décision a été prise après une réflexion sur les dépenses de santé et le moyen de faire des économies. La santé est un poste de dépense important des gouvernements et n’a pas vocation à créer de la richesse. Néanmoins, les temps difficiles que les états connaissent depuis la crise de 2008 fait que les coupes budgétaires sont de plus en plus importantes et les ministères cherchent à faire des économies. Mais pourquoi l’homéopathie ? Tout simplement parce que ce type de traitement est considéré comme inefficace, un placébo au mieux. L’homéopathie est donc considérée comme une perte des fonds publics car ils n’apportent aucun traitement concret aux personnes qui les choisissent comme moyen de traitement. Cela correspond à un débat qui fait rage depuis des années sur les bienfaits de l’homéopathie et dont l’argument principal de ses détracteurs est que, dans son ensemble, aucune preuve de l’efficacité d’aucun traitement homéopathique n’a été prouvée que ce soit par des tests cliniques ou des recherches en laboratoire universitaire. L’économie estimée se porterait à environ 103 000 euros par an ce qui est peu devant les millions que la NHS essaye d’économiser.

Et la France ? Quelle est sa position dans ce débat ? En France, tout comme les médicaments allopathiques, ou tout simplement les médicaments que nous pouvons acheter en pharmacie ( geo allo ) comme les sirops, sachets et cachets, certains traitements homéopathiques sont remboursés par la Sécurité Sociale. Pour vous donner une idée du coup d’un tube de granulés homéopathique, une consultation des pharmacies en lignes vous montrera que cela coûte un peu plus de 2,20 € selon les pharmacies.

Tout comme en Grande-Bretagne, la Sécurité Sociale est en déficit, le fameux « trou de la sécu » qui s’élève à environ 4,1 milliards d’euros en 2016, il était de 23,9 milliards en 2010. Les principales dépenses sont la maladie et la vieillesse qui compte pour plus de la moitié des dépenses. La Sécurité Sociale est financée grâce à différents impôt comme les cotisations sociales ou la fameuse CSG, Contribution Sociale Généralisée qui fait tant grincer les dents.

Maintenant que le contexte est bien clair, revenons au déremboursement des traitements homéopathiques. En septembre 2017, le Conseil scientifique des académies des sciences européennes (EASAC) a publié un rapport qui a fait grand bruit dans le monde et a relancé le débat dans les médias et sur les réseaux sociaux. Ce que dit ce rapport est qu’il  « n’existe aucune preuve tangible et reproductible [un seul résultat ne fait pas preuve en science] de l’efficacité des produits homéopathiques. »

Dans ce rapport, ils expliquent leur intérêt pour l’homéopathie car cette forme de traitement est devenue extrêmement populaire et est parfois utilisée en remplacement total de tout traitement classique. Des parents soignent les angines de leurs enfants à coups de comprimés homéopathiques…

Ces scientifiques ont donc fait un travail bibliographique, ils ont recherché et lu sur l’homéopathie et les études qui y ont été portés et sont arrivés à la conclusion que rien n’en prouvait l’efficacité. Ils se posent même la question d’un effet nocif car les patients vont parfois retarder leur visite chez le médecin voir partir dans des directions complètement loufoques et être malades plus longtemps avec des effets à longs termes plus graves. En effet, tout comme les traitements par médecine chinoise, l’idée est que cela prend plus de temps pour que les traitements homéopathiques agissent et donc, au lieu de se rendre rapidement chez leur médecin pour confirmer l’origine de la maladie (virus ou bactérie) ils ignorent complètement ce processus et s’exposent à de très grands risques pour leur santé. Ils exposent aussi le risque que les patients peuvent perdre confiance dans la démarche scientifique et systématique qui se trouve derrière tout médicament mis sur le marché en France et dans le monde.

Ils font état de plusieurs recommandations  come le déremboursement des traitements, un nouvel étiquetage plus clair sur ce que contient le produit, comme n’importe quel médicament allopathique. L’interdiction de publicité, comme c’est le cas pour les médicaments prescrits, est aussi évoquée. Décision qui a déjà partiellement été mise en place aux Etats-Unis qui ont durci leur règlement sur la publicité de produit de santé.

L’Académie de médecine française a été plus claire et a carrément demandé son déremboursement total après avoir obtenu une baisse du remboursement de 65 à 35 % en 2003 ce qui leur avait attiré les foudres des patients. Bien que certains laboratoires pharmaceutiques comme le laboratoire Boiron se sont engagés à améliorer les traitements homéopathiques, l’Académie n’a pas changé et à même durcie sa position envers ces traitements dénonçant une publicité mensongère (efficacité totale), un manque d’information total (peu de choses écrites sur les tubes) et un intérêt thérapeutique limité voire inexistant.

Cette position, très dure, a fortement surpris les homéopathes qui se défendent de cacher ou mentir à leurs patients quant aux traitements qui délivrent. Ils estiment que ces attaques sont sans fondement et que l’homéopathie est reconnue par l’Ordre des médecins ( medecin de garde ) et même enseignés dans les amphithéâtres des universités de médecines. Ce qu’il ne faut pas oublié c’est que le principe lui-même est établi, prouvé et éprouvé et toujours utilisé dans la fabrication des médicaments allopathiques. Le vrai reproche vient du manque d’information et de systématisme dans la fabrication des granulés et qu’aucune preuve tangible et établie dans un protocole scientifique très strict n’a jamais été apportée.

Ainsi, le débat sur le déremboursement est relancé et non pas cette fois pour faire des économies, il est fort probable qu’elles seront du même ordre que celles que va faire la NHS cette année, mais pour protéger les patients et éviter un changement des comportements. Les médecins ne décrit pas l’homéopathie en tant que telle, elle est utilisée depuis 200 ans, mais le remplacement total de traitement, parfois lourds, est craint, à forte raison. L’homéopathie doit être considérée comme un traitement complémentaire des traitements classiques et non un remplacement sous prétexte que les médicaments ne sont que des produits chimiques de synthèse et qu’il faut revenir à des choses naturelles.

Cette phrases comportent tellement de contractions qu’il serait difficile de toutes les détailler mais c’est un discours courant.

Quel sera l’avenir de l’homéopathie en France ? Il n’y a plus qu’à attendre en espérant que chacun trouvera chaussure à son pied.

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